Artisanat de tranchée, les prémices de l’art thérapie ?
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La mobilisation de poilus très qualifiés
La mobilisation de poilus très qualifiés : orfèvres, graveurs, ajusteurs… et de paysans habiles dans la fabrication d’objets d’art populaire, nous permet aujourd’hui la découverte dans les tiroirs ou sur les cheminées de nos maisons de famille de nombreux objets de la vie courante (briquets, bagues, tabatières, cannes, objets pieux, porte-plumes, encriers) ou décoratifs (figurines, maquettes d’avions, jouets, cadres à photos, bas-reliefs) réalisés à partir des matières premières collectées sur le champ de bataille pendant les interminables attentes entre deux assauts ou bombardements : laiton des douilles et cuivre provenant des ceintures de forcement des projectiles, bois ou encore aluminium fondu à partir des fusées d’obus allemandes.
Pour leur majorité ces objets sont confectionnés à l’arrière du front par des soldats blessés ou mutilés, dans des ateliers. Ainsi des associations permettent de commercialiser ces articles au profit des œuvres, de l’achat de prothèses et la rééducation afin de faciliter un retour à la vie civile en dépit des stigmates infligés par la rage des combats.
Ainsi au-delà de leur banalité, faut-il considérer ces articles, aussi modestes ou naïfs soient-ils, comme les prémices d’une thérapie par l’art, permettant à l’homme blessé ou mutilé de réaffirmer son goût de la beauté, de la volonté de création incarnant la transcendance de l’atrocité d’un conflit d’une intensité et d’une violence sans égales jusque-là.
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