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L’art dans les tranchées en 1914-1918

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l'art dans les tranchees de 1014-18

Article paru dans l'Yonne Républicaine

Villeneuve-sur-Yonne. L’art dans les tranchées en 1914/1918. L’exposition consacrée à l’histoire du service de santé militaire au musée-galerie de Villeneuve-sur-Yonne comporte un deuxième volet : l’art dans les tranchées.

Qui d’entre nous n’a pas admiré, chez un grand-père ou un grand-oncle, ces étuis d’obus sculptés, exécutés par des poilus au cœur même des tranchées ? Au-delà de cet objet iconique, il s’est développé un artisanat d’art encouragé par la hiérarchie, qui estimait que tout ce qui pouvait distraire les poilus de leurs angoisses permanentes était bon pour le moral.

Le travail sur les obus était le plus fréquent : le matériau était semé à profusion, le cuivre assez malléable. Des outils de fortune permettaient de scier, graver, souder. Des ateliers à l’arrière contribuaient à cet artisanat, qui ne se limitait pas à l’utilisation du cuivre. Des paysans habitués à sculpter le bois ont sorti de vrais chefs-d’œuvre, comme ce panneau de chêne sculpté en bas-relief, où l’Alsace et la Lorraine couronnent de lauriers le poilu libérateur…

Dès 1919, le guide bleu Michelin des champs de bataille a généré un tourisme du souvenir des familles de disparus ou blessés, une clientèle pour les ateliers d’objets des tranchées : un commerce qui a constitué pour les habitants une ressource bienvenue, dans une région bouleversée, truffée d’obus et de grenades, dont la dépollution prendra des années.